Après plusieurs mois de préparation, de levée de fonds et de planification, après 10 heures d’avion, après avoir traversé l’Atlantique et la Méditerranée, après une escale à Paris, bref après avoir tant attendu, j’arrive enfin, le 10 juillet à 11 heures, heure locale, à l’aéroport Tunis-Carthage. Tunis, pour la capitale de la Tunisie, et Carthage parce que l’aéroport est situé dans la banlieue nord de la ville, sur le site même de l’antique cité punique, celle de mes rêves, ou l’on peut encore apercevoir au coin des rues ses ruines.

Après un autre délai, je me suis perdu dans l’aéroport , je rencontre mon contact tunisien, la vice-présidente d’AFS Tunisie, Kawthar, accompagnée de son fils Aymen. J’allais passer la nuit chez eux avant le début du stage, le lendemain. Dès le premier instant, le choc culturel est notoire : les Tunisiens sont beaucoup plus expressifs que la majorité des Québécois et c’est avec bises (autant de la part des hommes que des femmes) et sourires que je suis accueilli. Aussi, la chaleur est accablante : 40 degrés Celsius et c’est une journée ordinaire pour la saison; de ce fait, je découvre dès le premier jour la joie de dormir l’après-midi et de profiter au maximum de la fraîcheur de la nuit : souper à 20 heures, sortir à 22 heures et rentrer à 2 ou 3 heures, quelque temps après la fermeture des restaurants, des épiceries, mais aussi des quincailleries et des petits commerces, et bien avant la fermeture des cafés cependant. Les nuits tunisiennes sont plus bouillonnantes que les jours, et les habitants plus vivants que ceux d’ici. En effet, il est commun de marcher bras dessus bras dessous avec ses meilleurs amis masculins, et plutôt impoli de ne pas saluer de parfaits inconnus et discuter un peu avec les commerçants ou les chauffeurs de taxi, ce qui m’incite à apprendre les rudiments de l’arabe bien que tout le monde parle français, à la suite de plusieurs années de protectorat.

Le stage comme tel se déroule dans la ville côtière de Kélibia, reconnue pour ses plages qui sont, dit-on, les plus belles de Méditerranée, mais aussi pour son riche passé carthaginois, romain, vandale, byzantin, juif, arabe et ottoman. En effet, une immense forteresse occupe le sommet d’une éminence qui domine la ville; elle fut dominée tour à tour par les peuples susnommés, y laissant chacun leurs vestiges.

Je suis logé dans les dortoirs de l’école de pèche de la ville, près du port, avec une vingtaine de Tunisiens dont je peux ainsi découvrir la culture, plus une Néerlandaise vivant en France et la fille de l’ambassadeur de Corée du Sud à Tunis. Finalement, nous sommes encadrés par une équipe d’organisateurs d’expérience, ayant déjà tous participé à des stages à l’étranger avec AFS. Nous vivons comme une communauté très unie, partageant nos différences.

Tous les jours, sauf le dimanche, nous sommes initiés aux techniques archéologiques, supervisés par le très reconnu (dans le milieu) professeur Mounir Fantar, docteur en archéologie, et par toute son équipe. Grâce à leurs conseils, nous avons pu mettre à jour les vestiges d’un hammam, ou bain turc, et d’un corps de bâtiments ou nous avons trouvé de nombreux artéfacts, tous datant de l’époque médiévale (époque Ziride et Aghlabide selon la chronologie tunisienne).

Les dimanches sont plutôt occupés à des sorties culturelles qui me permettent de découvrir la ville de Tunis, celle de Hammamet, de Douz ainsi que le Sud tunisien : le Sahara en personne!

Bref, en plus d’entrer en contact avec l’archéologie, qui me passionne, j’ai aussi découvert une culture nouvelle et fantastique.